Eternelle Egypte


 
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 Akhenaton

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Ramsès
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MessageSujet: Akhenaton   Lun 18 Sep - 19:28

Début de règne

Amenhotep IV (ou Amenophis IV), qui aurait été en corégence avec Amenhotep III est probablement couronné en -1378 à Thèbes (Karnak), suivant les traditions établies par ses prédécesseurs. Des inscriptions le nomment « celui qui a été choisi par Amon pour apparaître en gloire des millions d'années ». Il épouse sa cousine Nefertiti, fille de Ay et de Tiy II, donc petite fille de Youya et Touya. Amenhotep IV et Nefertiti forment un couple encore plus étroitement lié politiquement que celui d'Amenhotep III et Tiy. Comme eux, ils sont associés dans les cérémonies, mais, chose nouvelle, l'art officiel les représente dès le début dans des scènes familiales jugées jusque là trop intimes pour être montrées.

Cependant le début du règne est déjà très innovant. Un grand complexe cultuel est construit à l'est de Karnak, dédié non pas à Amon-Rê mais à une nouvelle forme du dieu solaire : « Le vivant, Rê-Horakhty qui jubile dans l'horizon en son nom de Shou qui est à l'intérieur d'Aton ».

Depuis le début de la XVIIIe dynastie, la montée des cultes héliopolitains tend à concentrer autour de Rê la création et l'entretien de la vie, sans toutefois écarter les autres dieux. Aton était jusque là une divinité mineure, personnifiant le disque solaire. Déjà Thoutmosis IV, puis Amenhotep III, grand père et père d'Amenhotep IV, avaient montré un intérêt certain envers cette tradition, peut-être pour renforcer leur pouvoir personnel à la manière des prestigieux bâtisseurs des grandes pyramides.

Mais l'iconographie, d'abord classique, est vite bouleversée. Aton est représenté par un soleil aux rayons terminés par des mains. Le roi ordonne que son image soit celle d'un personnage à la face émaciée et allongée, au ventre proéminent, aux hanches larges et aux cuisses épaisses. En cela, il ne se rattache à aucun modèle préexistant. Cela témoigne probablement d'un mélange de naturalisme (l'aspect réel du roi) et de symbolisme (la fertilité et l'androgynisme divin).

L'épouse du roi, Nefertiti, bénéficie également d'un traitement particulier. Une partie des nouveaux temples de Karnak la représente accomplir les rites seule, sans son royal époux, à la manière d'un corégent.

La rupture définitive intervient entre l'an 4 et l'an 6. Amenhotep IV change son nom en Akhénaton (L'efficience d'Aton) et décide la création d'une nouvelle capitale dans un lieu vierge de Moyenne Egypte. Il la nomme Akhétaton (L'horizon d'Aton - c'est la moderne Amarna). Il marque le site de quatorze stèles frontières.


Une nouvelle religion

L'originalité d'Akhenaton est d'avoir fourni une image facile à appréhender en évitant le détour par le clergé spécialisé, seul capable de servir d'intermédiaire entre les hommes et un dieu impénétrable. Aton permet la perception immédiate du divin, par opposition à Amon, le dieu " caché ".

L'originalité de son image est moins importante qu'on ne pourrait le croire. Il conserve tout l'apparat phraséologie de ses prédécesseurs. Ainsi, il se fait représenter en train de massacrer des ennemis vaincus. Il ne touche pas aux structures de l'administration. Sur le plan politique, sa " révolution " renforce l'absolutisme théocratique : le roi est l'intermédiaire obligé entre les hommes et le Disque.

Akhenaton ferme certains temples ou limite leurs activités et rattache les biens cléricaux à la Couronne La construction de la nouvelle capitale et des nouveaux temples se fait au détriment de l'économie en général et de l'économie divine en particulier. Tous les revenus des temples sont désormais redirigés vers le domaine d'Aton, devenu le seul dieu officiel.

Les conséquences de l'atonisme sur les arts et les lettres sont plus spectaculaires et plus durables. Une plus grande liberté se manifeste dans les œuvres contemporaines, surtout dans les compostions poétiques : hymnes et litanies divins et royaux. La langue parlée est introduite dans les textes officiels et dans les grandes œuvres.
Dès le règne d'Amenemhat III, l'idéalisme officiel cède le pas à un réalisme plus sensuel qui n'hésite pas à souligner les formes du corps par des techniques comme celle du " drapé mouillé ". Ce traitement plus généreux des volumes apparaît aussi dans le dessin où l'usage de la ligne est moins rigoureux, l'emploi des couleurs plus souple.
La mode évolue également : nouveaux costumes, nouvelles coiffures…

Des détails stylistiques sont caractéristiques de la période : l'inclinaison de l'œil dans l'orbite et l'étirement des lignes qui produira les fameux yeux " en amandes " d'Akhenaton, les plis dans le cou, les oreilles percées, etc.
Akhenaton radicalise la tendance pour lui-même et sa famille dès la deuxième année de son règne en poussant le réalisme jusqu'à la caricature : l'affaissement des chairs prend une apparence pathologique.
Au fil des ans, le trait s'adoucit et, à la fin du règne, les études d'après nature l'emportent, comme la célèbre tête de Nefertiti de Berlin.
De nouveaux thèmes apparaissent : l'image de la famille, omniprésente dans toutes les scènes, y compris et surtout celles du culte.

Comme l'art, l'architecture est bouleversée. Il faut à présent construire très vite pour ériger les édifices qui mettent en scène la nouvelle idéologie. Les grandes pierres de grès ou de calcaire sont remplacées par des petits blocs de 60x25 cm environ, plus faciles à transporter et à assembler, les tatalat.

Les conceptions funéraires anciennes sont profondément modifiées. Les tombes des courtisans d'Akhétaton sont orientées vers l'est, le soleil levant. Sur les décors, la famille royale est partout, seule capable d'intercéder vers Aton. C'est là qu'on a trouvé des versions du fameux hymne à Aton, que l'on présente parfois abusivement comme étant à l'origine du monothéisme. Les inscriptions sont écrites dans une langue réformée, synthèse entre l'égyptien classique et le vernaculaire.
Néanmoins, malgré l'interdiction des anciennes fêtes religieuses, la révolution peine à s'imposer dans la vie quotidienne du peuple. L'impact de cette réforme sur la population est quasiment nulle. D'abord parce que la Cour se confine très vite à Akhetaton. Ensuite parce que le peuple, écarté de ce qui se passait dans les palais et les temples, continue à vivre sur les bases religieuses traditionnelles. Même à Akhétaton, certains continuent à posséder des représentations d'autres dieux qu'Aton comme en témoignent les objets retrouvés dans les fouilles modernes.


Après l'an 12

La majorité de la documentation subsistante date d'avant l'an 12. De nombreuses hypothèses ont été vivement débattues pour tenter d'expliquer la période ultérieure.

En l'an 12, la reine Tiy s'installe à la cour d'Armana. Cette même année, l'une des six filles du couple royal, Mékétaton, meurt.
Nefertiti semble jouer un rôle moins important après l'an 12. Elle se serait même séparée de son mari si l'on en juge que l'une de ses filles, Méritaton, la remplace dans les cérémonies auprès du roi.
Les trois années de la fin du règne sont troubles : le pays est livré aux persécutions anti-amoniennes qui se traduisent par le martelage des noms du dieu, martelage que subiront à leur tour Akhenaton et son dieu quelques années plus tard.


Succession

Akhénaton meurt dans sa 17e année de règne. Il a certainement été enterré. Certains supposent que sa momie a été ramenée à Thèbes pour finir dans la tombe KV55. Rien n'est moins sûr.

Peut-être y a-t-il eu une corégence avec Néfernéférouaton ? Smenkhkarê a d'ailleurs été attesté comme roi, son règne devant se situer entre ceux d'Akhenaton et de Toutankhaton pour une durée possible de deux ans. Le corps de Smenkhkarê a été retrouvé dans une tombe qui lui a été consacrée dans la Vallée des Rois. Tout indique qu'il s'agit d'un ré ensevelissement hâtif. Dans cette tombe, on a retrouvé d'autres restes qui sont peut-être ceux de la reine Tiy.

Quoiqu'il en soit, il semble clair que le nouveau pouvoir recherche une alliance avec les représentants de l'Ancien Régime. Les dogmes atoniens sont abandonnés, les persécutions contre Amon arrêtées.

Il est probable que Smenkhkarê puis Toutankhaton étaient des cousins ou des neveux d'Akhenaton qui légitimèrent leur montée sur le trône en épousant chacun l'une des filles du roi.

C'est bientôt le jeune Toutânkhaton, probablement fils d'Akhénaton et d'une autre épouse que Néfertiti (comme Kiya) qui monte sur le trône, âgé d’environ neuf ans. Il épouse la princesse Ankhesenpaaton change son nom pour celui de Toutânkhamon, et abandonne Amarna pour Memphis. La ville d'Akhetaton est abandonnée après seulement une trentaine d'années d'existence. L'ère amarnienne est alors pratiquement terminée, et la XVIIIe dynastie entre en agonie.
Il meurt à environ dix-neuf ans sans avoir eu d'enfant de son épouse Ankhesenamon : avec lui s'éteint la lignée d'Ahmosis. Sa veuve supplie le roi hittite Suppiluliuma de lui envoyer un de ses fils pour l'épouser et en faire le pharaon d'Egypte. Le prince n'arrivera jamais et l'union entre les empires hittites et égyptiens ne se fera pas.
Ankhesenamon épouse peut-être le vizir de son défunt mari, Ay qui, lui-même, ne régnera que durant quatre ans.
La réelle coupure dynastique a lieu lorsque le commandant en chef de l'armée, Horemheb, prend le pouvoir et se présente comme restaurateur de l'ordre établi.
Il fut un grand constructeur, surtout à Karnak. Après vingt-sept ans de règne, il sera enterré à Thèbes, dans la Vallée des Rois. N'ayant pas d'héritier mâle, Horemheb transmet le pouvoir à un autre militaire, un général originaire du Delta qui va fonder une nouvelle dynastie, celle des Ramsès.


Postérité

Dès Toutânkhamon, le règne est considéré comme une parenthèse néfaste dans l'historiographie officielle. A partir d'Horemheb, la destruction des monuments du roi hérétique commence, continuées par les ramessides. Akhénaton disparaît des chroniques royales.

Peut-être en réaction à son autoritarisme, les croyances funéraires se développent et s'individualisent : le défunt se passe désormais du roi pour atteindre l'au-delà, et récupère à son profit les formules magiques royales.

Cependant, lors de la redécouverte de cet épisode singulier de l'histoire égyptienne, à la fin du XIXe siècle, certains ont voulu voir en Akhénaton un prophète inspiré, découvreur du monothéisme, amoureux de la paix.

Ces spéculations sont vaines, et n'apportent rien d'autre que le miroir de nos propres fantasmes ou d'une manipulation-distortion de l'histoire égyptienne à des fins politiques ou religieuses.

Mais elles ont construit l'icône d'Akhénaton dans l'imagerie occidentale moderne, telle que la représente par exemple E. P. Jacobs dans Le mystère de la Grande Pyramide.


sources : http://www.thotweb.com/encyclopedie/akhenaton.htm et http://www.egypte-antique.com/akhenaton.php

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Dernière édition par le Jeu 21 Sep - 15:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Akhenaton   Lun 18 Sep - 19:41

Quelques images :


Avant l'an 5


seconde partie du règne


Bas relief du musée du Caire


Aton étend ses rayons bienfaisants sur ses propres cartouches et ceux de Neferkhépérourê-Ouâenrê Akhénaton et de Neferneferouaton-Nefertiti.

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